L’espèce est pourtant protégée : pourquoi 35 grands cormorans vont être abattus dans les Pyrénées-Orientales

L’espèce est pourtant protégée : pourquoi 35 grands cormorans vont être abattus dans les Pyrénées-Orientales

Espèce protégéePyrénées-Orientales autorisent l’abattage de 35 grands cormorans par an. Cette décision soulève des questions vives. Vous vous demandez pourquoi une mesure aussi controversée est prise et comment elle sera contrôlée ? Voici l’essentiel, clair et concis.

Que prévoit exactement l’arrêté ?

Un arrêté préfectoral publié le 31 mars 2026 autorise le prélèvement annuel de 35 grands cormorans dans un périmètre précis des Pyrénées-Orientales. La dérogation court jusqu’à la fin de la saison 2028‑2029.

Les tirs sont limités dans le temps et l’espace. Ils auront lieu entre le 15 octobre et le 1er mars. Les opérations se dérouleront autour de la rivière la Têt, près de Serdinya, et seront conduites par des lieutenants de louveterie dûment mandatés.

Pourquoi abattre des oiseaux protégés ?

La justification officielle est scientifique. Chaque oiseau prélevé fera l’objet d’analyses, notamment l’étude du contenu stomacal. Le but : établir précisément quelles espèces de poissons sont consommées et en quelles quantités.

Les autorités ciblent des poissons jugés vulnérables, comme l’anguille, le brochet ou la truite. Selon les promoteurs de la mesure, ces données permettront d’évaluer l’impact sur les populations piscicoles et d’ajuster ensuite les stratégies de gestion.

Le débat scientifique est pourtant vif. Comme l’indique Benjamin Domenech, trésorier de la Fédération de pêche des Pyrénées‑Orientales, les estimations de consommation varient fortement : « certains disent 400 grammes par jour, d’autres 600, 800… tout le monde se dispute ». Ces écarts alimentent la controverse entre pêcheurs et défenseurs de la biodiversité.

Comment seront encadrés les prélèvements et le suivi ?

Le dispositif prévoit un suivi annuel strict. La Fédération de pêche devra transmettre un bilan détaillé aux services de l’État. Ce rapport comprendra le nombre d’oiseaux prélevés et les résultats des analyses scientifiques.

Les documents seront adressés à la DREAL Occitanie et à la DDTM des Pyrénées‑Orientales avant le 30 novembre de chaque année. Ce calendrier vise à assurer une traçabilité et une évaluation régulière de la mesure.

Pourquoi cette décision choque-t-elle ?

Plusieurs associations environnementales, dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), dénoncent la mesure. Elles estiment que le déclin apparent de certaines populations de poissons tient davantage à d’autres facteurs. Elles pointent notamment la sécheresse et la dégradation des habitats aquatiques.

Les opposants considèrent que l’abattage d’une espèce protégée reste une réponse disproportionnée et contestent l’absence d’alternative crédible. La LPO envisage de saisir la justice pour contester la légalité de la dérogation.

Quelles alternatives sont évoquées ?

Les voix critiques proposent d’autres approches moins létales pour mesurer l’alimentation des cormorans. Elles évoquent par exemple des suivis par observation, l’analyse d’indices indirects ou des méthodes d’écologie alimentaire non invasives.

Rien n’indique que ces méthodes auraient la même précision que l’étude des contenus stomacaux. Mais elles restent au cœur du débat public. Vous verrez sans doute les arguments s’intensifier au fil des rapports annuels.

Et maintenant ?

La mesure restera en place jusqu’en 2029 au plus tôt. Chaque année, le bilan scientifique et administratif permettra de réévaluer la situation. Si vous suivez ce dossier, attendez les prochains rapports envoyés avant le 30 novembre. Ils seront déterminants.

Enfin, gardez à l’esprit que cette décision traduit une tension plus large. Elle oppose la protection stricte d’une espèce protégée à la volonté de protéger des pêcheries jugées fragiles. Le conflit juridique et politique est probable. Vous serez sans doute informé des suites judiciaires et des nouveaux éléments scientifiques à venir.

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Auteur/autrice

  • Je suis cheffe cuisinière et jardinière passionnée, spécialisée en gastronomie de saison et en produits du potager. Diplômée en arts culinaires et ancienne sous-cheffe au Ritz à Paris, j’ai développé une approche qui relie assiette, jardin et bien-être animal. J’élève depuis plus de quinze ans chiens, chats et oiseaux tout en cultivant mon propre potager familial. Mon expertise porte sur les recettes maison inspirées du jardin, les astuces de jardinage simples et les conseils pratiques pour vivre en harmonie avec ses animaux de compagnie au quotidien. J’écris pour partager mon expérience concrète et aider chacun à créer un foyer gourmand et respectueux du vivant.

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